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Lost in Laos

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Notre arrivée au Laos est un peu déroutante... Après un crochet d’une semaine à Chiang Rai en Thaïlande, qui nous a laissé entre-apercevoir un pays développé, moderne, presque “occidentalisé”, très différent de son voisin la Birmanie, nous arrivons au Laos par voie terrestre. Et il faut reconnaitre que le passage de la frontière ressemble un peu à du “racket” organisé...

Notre bus Thaïlandais, qui nous amène à la frontière depuis Chiang Rai en 2 heures (et qui nous a couté la modique somme de 200 Bat pour nous 4) ne nous dépose en fait pas à la frontière même, mais à 6 km. Nous devons donc prendre un tuk-tuk pour à peine 10 minutes. Résultat : 150 Bat supplémentaires. Ensuite, la frontière ne peut pas se franchir à pied. Il faut prendre un bus pour traverser le pont sur le Mekong. Verdict : 5 minutes de trajet, 150 Bat de plus. Et bien sûr, au bout du pont, après avoir passé la frontière et payer le visa d’entrée (et sa taxe supplémentaire dominicale...!), il faut reprendre un autre tuk-tuk pour aller à la station de bus la plus proche à une dizaine de kilomètres. Conséquence : 10 minutes de trajet, à nouveau 200 Bat de plus (sauf que là nous payons en Kip laotiens). Bref, ça commence à faire beaucoup au final...!

Là on se croit sorti d’affaire. On achète nos tickets de bus pour aller à Luang Namtha (à 5h de bus au Nord) à une petite dame qui ne fait que ça toute la journée. Et au moment de nous rendre la monnaie, elle tente de nous refourguer un billet de 5’000 Kip au lieu de 50’000. A un zéro près.... Heureusement que Gabriel veille et s’en rend compte ! Non mais. Première fois en 4 mois de voyage qu’on tente de nous arnaquer comme ça. On ne nous la fait pas !

 

A Luang Namtha, nous partons pour 3 jours de trek dans la jungle. Un combiné 2 jours de marche + 1 jour de kayak. Le matin du départ, nous allons nous approvisionner avec notre guide Man sur le marché local. Là nous découvrons que les Laotiens mangent grosso modo tout ce qu’ils trouvent, y compris des trucs, comment dire..., un peu bizarres : des scarabées, des tortues, des grenouilles, des blattes, des chauves-souris, des rats. C’est un festival de trucs immondes et peu ragoûtants qui défilent sous nos yeux... Le coin boucherie (pour nos yeux de quasi-végétariens) est particulièrement infâme, avec sa bassine de sang bien rouge qui nous accueille et ses montagnes de bidoche qui s’amoncèlent. Le coin poissonnerie, quant à lui, est étonnamment bien foutu. Les poissons sont encore vivants dans des bassins (depuis combien de temps sont-ils là ?), on en achète deux. Sitôt pêchés, sitôt assommés et vidés. Ils seront cuits au feu de bois et mangés le midi même. Pour le coup on peut difficilement faire plus frais. Pour le reste, beaucoup de fruits et légumes, du riz en quantité gigantesque, et puis des tas de petits plats dont on a aucune idée ce que ça peut bien être.

 

 

 

Luang Namtha est une petite ville du nord du Laos entourée de jungle. Les treks sont donc monnaie courante, organisés par des agences plus ou moins impliquées dans les communautés locales. Nous qui sommes habitués à arpenter nos montagnes en autonomie, ici il faut oublier ce concept. Rien ne se fait sans être accompagné d’un guide local. Le bon côté, c’est qu’il connait le chemin, la langue et les coutumes et que ça fait travailler la population locale. Le mauvais côté, c’est qu’au final, ça revient quand même très cher pour une famille (340$ après négo), quand on pense qu’on va juste marcher sur des sentiers et dormir sous la tente ou chez l’habitant... Pas sûr que le tourisme soit très équitable, quand on aperçoit les 4x4 BMW qui sillonnent la rue poussiéreuse de Luang Namtha…

 

 

Notre rando dans la jungle est une petite aventure en soi. Nous faisons un feu de camp pour faire griller nos poissons que nous décortiquons ensuite avec les doigts, nous mangeons à même le sol sur des feuilles de bananiers. Tout est à base de “sticky rice”, qui est l’aliment central au Laos, que l’on mange minimum 3 fois par jour. Il colle tellement qu’on le mange avec les doigts en faisant des boulettes. Les sentiers de marche sont très raides en montant, et très très raides en descendant (bonjour les courbatures dans les cuisses), nous jouons aux montagnes russes toute la journée. Ça glisse, c'est boueux et parfois pas très large juste à côté du ravin.... Heureusement que nos loustics marchent bien et ont le pied sûr. Moi franchement, je ne suis pas toujours très à l’aise. Quand je pense qu'ils nous ont dit qu'ils adapteraient le niveau de la rando pour une famille...

 

 

 

Les nuits sont épiques. Nous passons la première dans la jungle, sur une plateforme en bambou avec un vague toit en feuilles de bananier sur la tête. Pas de panique, aucun danger du côté des animaux: il n’y en a plus. Des oiseaux et des insectes, ça oui. Mais pas de mammifères. Les singes ont disparu depuis longtemps (tous mangés ?), et les ours et les tigres ont tellement été décimés par le braconnage qu’ils ne sont plus qu’une poignée qui ne se laisse jamais approcher. A l'agence ils nous ont dit :" C'est tout inclus, y compris les sacs de couchage ". OK,  donc ils nous donnent les "sacs de couchage". Tu parles, ce sont en fait de vieux duvets tous fins et tous élimés qui datent des années 80... Bon, nos exigences de confort n'étant pas très élevées, ça aurait pu aller s'il ne faisait pas TROIS DEGRÉS la nuit ! Ah oui quand même ! Ça commence à faire froid mine de rien. J’ai comme les pieds congelés là.... Heureusement, nous avions flairé le coup et avions aussi emmené avec nous nos propres duvets. Avec deux sacs de couchage glissés l'un dans l'autre et tous nos habits, nous avons quand même pu grappiller quelques heures de sommeil, régulièrement interrompues pour vérifier que tout le monde était bien emmitouflé.

 

 

 

La deuxième nuit se passe chez l'habitant. A priori, c'est mieux parti. Sauf que l'habitant en question (une famille d'environ 10 personnes) n'est pas prévenu, et que nous débarquons dans un chouette capharnaüm.  Au moins c'est local ! Notre chambre (plateforme en bambou dans le séjour) sert d'entrepôt à tout un tas de cheni : sacs de riz, caisse à outils, bidon d'essence, détecteur de métal, le tout sous un bon centimètre de poussière... Allez, on pousse tout dans un coin, et ça a ira bien !

 

 

 

Dans ce village où les cochons vivent avec le gens et où la douche se résume à un seau d'eau froide dans une pièce en parpaings, nous constatons les dégâts de l'arrivée triomphante de la télé, considérée comme un progrès.  Dans le séjour où nous dormons, elle est allumée en permanence. Les enfants sont scotchés devant l'écran, les adultes n'en décollent pas. Résultat : plus personne ne se parle, aucune interaction entre les membres de cette famille, ni avec nous d'ailleurs. On se sent presque de trop.

 

 

 

Le troisième jour nous descendons la rivière en kayak. C'est la saison sèche, donc les quelques rapides que nous franchissons sont tranquillous et bien plaisants. Anatole, tout à l'avant du bateau, se fait quand même copieusement arroser et décide de migrer vers l'arrière.  Il ne fait pas chaud, heureusement la rivière est large et le soleil présent au-dessus de nos têtes. On passe un bon moment.

 

On rentre quand même frigorifié à la guesthouse . La douche chaude y est réconfortante. C'est bien la seule car les gens ici sont plutôt froids et pas très accueillants. Peu de bonjour, pas de sourire, jamais de merci.  On a un peu de mal à s'y faire...

 

 

Après cette épopée dans la jungle, nous rejoignons la "civilisation" dans la ville de Luang Prabang. On n'est pas tous seuls...! Ville classée au patrimoine mondiale de l'UNESCO, imprégnée de son passé colonial français, elle est numéro 1 sur la liste des lieux à visiter de tous les touristes qui viennent au Laos. Sans compter que nous y débarquons en pleine saison haute, juste avant Noël. Autant dire que c'est un bon bain de foule qui nous attend et qui contraste sérieusement avec ce que nous avons vécu pour l'instant au Laos.

Luang Prabang est belle, intéressante, envahie, pieuse. Nous avons profité de son offre culinaire variée (et pas très locale), nous avons visité des temples magnifiques, et le père Noël a même réussi à arriver jusque-là.

 

 

 

Nous avons surtout apprécié la magnifique cascade à 30 km de la ville, qui nous a coupé le souffle.

 

 Prochaine étape, Vang Vieng, un peu plus au sud. A très bientôt !

 

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