• Hélène

Safari en terre Maasaï


Arrivés au Kenya, nous passons une semaine à Nairobi, la capitale. Celle-ci nous semble d’emblée beaucoup plus développée que Kampala. Les routes sont goudronnées et éclairées la nuit (en général), les trottoirs existent (parfois) les bâtiments sont plus modernes (souvent). Sur le bord de la route, les vendeurs de rolex ont disparu, mais pas ceux de lits superposés. Dommage que ce ne soit pas l’inverse!


Cette semaine nous en profitons pour faire de bonnes séances d’école avec les enfants, elles se sont faites rares pendant notre périple ougandais... Martial travaille dans un espace de co-working, il contacte et relance plusieurs start-ups mais a moins de chance qu’en Ouganda. Pour l’instant, ses demandes restent sans réponse, ou alors celles-ci sont négatives. Pas toujours facile de rencontrer les acteurs locaux de l’énergie.



Après Nairobi, nous rejoignons le petit village d’Ewangan, situé à la limite du parc national Maasaï Mara, au sud-ouest du pays. Au fur et à mesure de la route, nous apercevons de plus en plus ces silhouettes fines et grandes drapées dans une couverture rouge caractéristique des Maasaïs. Après 6h d’une route acrobatique, nous arrivons chez James. Loin des lodges luxueux 5 étoiles qui jouxtent le parc et qui nous semblent déplacés dans cet environnement, James nous accueille chez lui, tout simplement. James est Maasaï, la cinquantaine et a huit enfants de 1 à 18 ans. Sur son terrain, il a construit une maison pour les invités, en pierre avec des fenêtres et un toit en tôle, une maison « moderne ». A coté dans le jardin, une cahute avec les toilettes et la douche à ciel ouvert. Sa maison à lui est typiquement maasaï, basse, les murs sont en bouse de vache, pas de fenêtre. Des vaches et quelques chevreaux paissent dans le terrain tout autour. Shinka et John, 2 guides travaillent avec lui, ainsi que Mike et Luis, le cuisto et son assistant. Tous sont habillés en tenue traditionnelle, la couleur rouge domine. Ils sont armés d’un couteau à leur ceinture, leurs oreilles sont trouées et ornées de perles, ils boivent du thé au lait. Bienvenue chez les Maasaïs!




Le Maasaï Mara est une des meilleures réserves au monde pour observer les animaux sauvages, l’occasion pour nous de nous offrir un dernier safari. Nous partons donc avec James au volant et Shinka à l’affût pour découvrir cette faune riche et variée. Ici, pas de clôture entre la réserve et le reste. Le village jouxte le parc, nous franchissons la « gate » à l’entrée mais en réalité rien ne nous empêcherait de passer 50 mètres à droite ou à gauche. Les animaux vont et viennent à leur guise. Nous verrons donc des excréments d’éléphants juste à coté de notre maison, et nous entendrons les hyènes rôder autour tous les soirs. Conséquence: les Maasaïs ne peuvent rien cultiver. Rien ne peut pousser ici, sinon tout serait détruit par les animaux qui s’habitueraient à cette nourriture facile et seraient prêts à tuer pour venir la chercher. Donc pas d’agriculture. Pour subvenir à leurs besoins, les Maasaïs ont des bêtes (vaches, chèvres, moutons). Leur troupeau est leur compte en banque; quand ils ont besoin d’un nouveau lit superposé, ils vendent une vache ou un mouton et vont ensuite s’acheter ce dont ils ont besoin. Pour nourrir leurs bêtes, ils les emmènent paître là où il y a de l'herbe. Voila pourquoi traditionnellement c’est un peuple nomade. Voila aussi pourquoi on les appelle les « guerriers Maasaïs ». Car pour survire et défendre son troupeau dans cet environnement peuplé de lions, d’éléphants et de hippos, mieux vaut savoir se battre...


Dans le parc, on voit beaucoup d’animaux différents, et en très grand nombre. Des milliers de gnous et des centaines de zèbres (c’est la fin de la migration vers la Tanzanie), des tas d’antilopes de toutes sortes, des buffles en grand nombre, des hyènes, des éléphants, quelques girafes et phacochères. Le paysage est vert, apparemment depuis une semaine seulement quand la pluie a commencé à tomber après la saison sèche, et la vue est très dégagée. On voit loin. En embrassant le paysage du regard, on voit souvent 3, 4 voire 5 espèces cohabiter dans la brousse. C’est beau!


Le jour suivant nous repartons en safari toute la journée, plus tôt encore que la veille pour essayer d’apercevoir les félins chasser. Le soir, Anatole dira: « C’était notre jour de chance aujourd’hui! ». C’est peu dire!

Nous commençons par 4 lions qui finissent de ronger leur carcasse de gnou. On arrive un peu tard finalement... Les lions abandonnent leur pitance sur place. Aussitôt, un chacal s’approche pour embarquer quelques restes, suivi d’un aigle lui aussi intéressé. Le lambeau de peau qu’ils convoitent devient source de conflit, et l’aigle chasse le chacal, puis l’inverse. C’est finalement le chacal qui aura le dernier mot. Commence ensuite le ballet des vautours: un, puis deux, puis trois, puis dix, puis quarante vautours s’agglutinent autour de la carcasse! Ils viennent de loin, 10 kms parait-il, ils ont un odorat incroyable. Deux ou trois marabouts font aussi leur apparition et piochent au milieu de tout cela. Chacun se bat et joue des ailes pour obtenir un reste de gnou... Dix minutes après, la carcasse est nettoyée, propre, nickel, impeccable! Ne restent que les os. Pour les hyènes parait il, qui viendront plus tard.



Un peu plus tard, nous verrons 2 léopards, l’un grimpé dans un arbre, l’autre à ses pieds, la tête dans une autre carcasse. Le mère et le fils nous dira notre guide. Le fils dans l’arbre redescendra jouer avec sa mère comme un gros chaton et vérifier que la carcasse est bien à l’abri des charognards dans les buissons. Puis ils remonteront tous les deux dans l’arbre faire la sieste. Ils sont magnifiques, puissants, j’en ai la chair de poule.



Puis nous cherchons les guépards. « Hunting for cheetahs! » nous dit notre guide. Ils sont parait-il plus facile à voir que les lions. J’ai un doute...

La route est gorgée d’eau après les pluies nocturnes, on glisse, on patine, on s’embourbe. Une autre Jeep sera même obligée de venir nous pousser pour nous sortir de ces ornières dans lesquelles nous sommes coincés depuis un moment. On voit des tas d’animaux, à nouveau plusieurs lions. C’est sans fin et assez incroyable tous ces animaux qui cohabitent, nous nous régalons!

Mais James et Shinka ne lâchent rien et veulent absolument nous montrer des guépards. Ils cherchent, ils cherchent, ils tournent, ils virent, ils demandent à toutes les voitures que nous croisons. La nuit commence à tomber. Pas de guépards. Ils sont introuvables. Le jour décline de plus en plus, il est 18h15. Tant pis, il est temps de sortir du parc. Nous filons à vive allure vers la « gate » qui ferme à 18h30. On fonce au milieu des pistes boueuses et plein de nids de poules. Ça secoue là dedans!

Tout à coup, là, sur notre gauche au loin, un groupe de gazelles se fait approcher par une hyène à la nuit tombante. Nous ralentissons un peu pour observer la scène aux jumelles. Tout au fond, je crois apercevoir 2 lionnes qui approchent derrière la hyène. Shinka prend ses jumelles, dit quelque chose au chauffeur qui sort de la route principale et décide d’aller voir de plus près... Tant pis pour l’horaire. Trente secondes après, nous entendons le guide nous dire: « Ce sont des guépards! » Génial! Les deux femelles, grandes et puissantes, passent juste devant les phares de la voiture. Nous avons tout le loisir de les observer. Puis James décide de les suivre dans la brousse. Nous voila donc « off-road », de nuit, pour suivre 2 guépards dans nos phares. Excellent! Cela dure bien 10 minutes jusqu’à ce qu’elles s’enfoncent dans des bosquets où notre Jeep ne peut pas passer. Un vrai régal!



On fonce vers la sortie. Il fait nuit noire. La grille est fermée, il est 19h10. Le garde pose quelques questions, James répond tranquillement mais ils parlent maasaï et on ne comprend rien. Le garde fait le tour de la voiture et inspecte, un sourire se dessine sur ses lèvres. Il nous laisse passer. James nous apprendra plus tard qu’il a dit que l’on s’était embourbé. Pas complètement faux...

Gabriel sortira de la voiture en disant « Superbe journée! ». Pour Anatole, « c’était notre jour de chance! »


© 2017 par Hélène & Martial

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